Les Labubus
Les peluches Labubus : un phénomène qui enflamme les lycéens
Image d'un Labubu (photo par Vadim Russu)
Depuis quelques mois, les peluches « Labubus » suscitent un engouement impressionnant dans les cours de lycée et sur les réseaux sociaux. Ces créatures hybrides, au visage espiègle et aux grandes oreilles de lapin, sont devenues un objet de collection incontournable pour les adolescents. À la croisée du jouet, de l’objet design et du symbole de mode, elles incarnent un véritable phénomène culturel de la génération Z.
Un concept qui séduit
Créé par l’artiste hongkongais Kasing Lung et diffusé par la marque Pop Mart, le personnage Labubu s’inscrit dans la tendance des figurines dites de « designer toys ». Distribuées sous forme de boîtes surprises, ces peluches reposent sur un principe simple : l’acheteur ignore quel modèle se cache dans la boîte. Ce système alimente à la fois la curiosité, l’adrénaline et la volonté de collectionner. De plus, leur diffusion a été largement amplifiée par les réseaux sociaux. TikTok, Instagram et YouTube regorgent de vidéos d’« unboxing » où les adolescents partagent leur excitation à découvrir un nouveau modèle. L’effet boule de neige est tel que de nombreuses personnalités internationales, de Rihanna à Dua Lipa, ont contribué à populariser la peluche en apparaissant avec elle, notamment lors de défilés tel que celui de Louis Vuitton, accroissant l’effet de mode.
L’engouement des lycéens
Pour les adolescents, posséder un Labubu dépasse le simple plaisir d’avoir une peluche.
C’est un marqueur social et identitaire. Certains y voient une manière d’affirmer leur originalité,
d’autres un signe d’appartenance à une communauté. Dans les lycées, les échanges de modèles rares
ou les discussions sur les réseaux autour des collections créent un fort sentiment de cohésion. Les
chiffres confirment cette tendance. Selon une étude relayée par eBay, plus de 5 millions de
Français collectionnent des figurines de type Labubu, plaçant ces peluches dans le top 3 des objets
de collection dans l’Hexagone, aux côtés des cartes Pokémon et des LEGO.
Nous avons donc décidé de mener nous aussi l’enquête sur ces peluches au sein de l’établissement en
posant une question aux lycéens : connaissez-vous les Labubus ? Environ 90 % des lycéens interrogés
répondaient positivement, symbole d’un engouement naissant.
Entre succès et dérives
Cet engouement ne va pas sans dérives. Face à la forte demande, les contrefaçons
prolifèrent. Cet été, les douanes françaises ont saisi près de 70 000 peluches Labubu contrefaites
sur le territoire, certaines étant vendues sur des marchés ou en ligne à des prix bien inférieurs. Si
ces copies séduisent par leur accessibilité, elles échappent aux contrôles de sécurité et présentent
des risques pour les consommateurs.
Par ailleurs, la rareté de certains modèles alimente une spéculation intense : certaines peluches
s’échangent à plusieurs centaines d’euros sur Internet, renforçant la pression sociale sur les jeunes,
souvent tentés de céder aux contrefaçons ou d’investir des sommes importantes pour suivre la tendance.
Une mode durable ?
Le succès fulgurant de Labubu rappelle d’autres phénomènes culturels qui ont marqué les
jeunes générations, des cartes Pokémon aux peluches Kiki. Mais la question demeure : s’agit-il d’un
effet de mode passager ou d’une tendance durable qui s’inscrira dans la culture adolescente ?
Pour l’heure, l’attrait des lycéens ne faiblit pas. Entre désir de collection, quête d’appartenance
et influence des réseaux sociaux, les peluches Labubu se sont imposées comme bien plus qu’un simple
jouet. Elles incarnent une nouvelle forme de consommation affective et identitaire, révélatrice des
pratiques des jeunes d’aujourd’hui, malgré certains problèmes naissants tels que les contrefaçons et
les problèmes écologiques.
SOURCES :
•Des dizaines de milliers de fausses peluches Labubu saisies - Radio Lac
•Why The Labubu Craze Became A Nostalgic Social Currency - Forbes